[Question du jour] : Doit-on dire la vérité en toutes circonstances ?

Chaque jour, le père Franck Stéphane Yapi répond à une question d’un internaute sur la foi catholique.

Cela est un véritable dilemme, notamment lorsque dire la vérité revient à mettre en danger la vie d’autrui.

Dans la Bible l’on trouve des situations qui posent cette question, notamment dans l’Exode (Ex 1,17-21 ; 1 S 21). Rahab, une prostituée cananéenne protège deux espions envoyés par Josué. Elle les cache et ment aux messagers du roi de Jéricho venus les chercher en leur disant qu’ils étaient déjà partis (Jos 2.4, 5). Et il est fait à Rahab ce témoignage : « C’est par la foi que Rahab la prostituée ne périt pas, parce qu’elle avait accueilli pacifiquement les espions ». (Hé 11.31).

Y a-t-il des situations où le mensonge se justifie ? Cela reste une question qui nous rejoint dans notre vie chrétienne au quotidien. Quand un chrétien est interrogé par une police politique pour connaître les noms et les lieux de rassemblement d’autres chrétiens et qu’il ment pour les protéger ce comportement est-il légitime ? Doit-on dire à un malade qu’il est condamné ?
Ce sont là des questions morales et éthiques.

Le Christ a, lui-même, été confronté à cette question de la vérité, en Mt 21,23-27 :
« Il était entré dans le Temple et il enseignait, quand les grands prêtres et les anciens du peuple s’approchèrent et lui dirent : « Par quelle autorité fais-tu cela ? Et qui t’a donné cette autorité ? Jésus leur répondit : « De mon côté, je vais vous poser une question, une seule ; si vous m’y répondez, moi aussi je vous dirai par quelle autorité je fais cela. Le baptême de Jean, d’où était-il ? Du ciel ou des hommes ? Mais ils se faisaient en eux-mêmes ce raisonnement : « Si nous disons : ‘Du ciel’, il nous dira : ‘Pourquoi donc n’avez-vous pas cru en lui ? Et si nous disons : ‘Des hommes’, nous avons à craindre la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète. » Et ils firent à Jésus cette réponse : « Nous ne savons pas. » De son côté il répliqua : « Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais cela. »

Dans cet extrait, le Christ applique la règle des trois éthiques. Il s’agit de l’éthique de sainteté, du compromis et des limites. Il n’a pas confié à ces pharisiens son identité réelle car ils n’ont pas un cœur droit pour l’entendre. Exiger la vérité n’est légitime qu’à condition d’« être vrai avec cette vérité ».

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Père Franck-Stéphane Yapi

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