La Prière du P. Théodore d’Almeïda « Ô mon Sauveur, attirez tous les hommes qui sont dans la tristesse à votre Croix » :

« Seigneur, plein de confiance dans Vos miséricordes, je me prosterne à Vos pieds. Votre Amour pour nous m’enhardit à Vous adresser mon humble prière. Laissez-moi, ô mon Dieu ! laissez-moi louer Votre ineffable Bonté, autant que ma faiblesse peut me le permettre. Vous avez été si touché de nos misères, que, pour les soulager, Vous êtes descendu du ciel. Si Vous ne nous en avez pas totalement délivrés, Vous les partagez en quelque sorte avec nous ; car Vous êtes venu au milieu de nous, et Vous nous aidez à les supporter, à les sanctifier. C’est le désir de sécher nos larmes, de calmer nos afflictions, qui Vous a réduit à l’état lamentable où je Vous vois sur la Croix. Soyez-en à jamais béni ! Vous avez voulu souffrir tous les genres de peines que nous endurons en ce monde, et Vous avez rassemblé sur Vous seul tous les maux qui affligent les mortels. A qui, ô doux Jésus ! À qui une âme affligée aura-t-elle recours, si ce n’est à Vous ? Où trouvera-t-elle plus de consolation qu’à Vos pieds ? Vous avez voulu souffrir avec elle, et Vous désirez surtout que, dans Vos plaies sacrées, elle unisse ses peines aux Vôtres. Permettez, Seigneur, que je parcoure le monde, que j’appelle autour de votre Croix tous les hommes répandus sur la surface de la terre. Ils traînent des jours malheureux dans la tristesse, dans l’impatience et le désespoir. Ah ! Qu’ils viennent Vous chercher sur le Calvaire, qu’ils portent leurs yeux mouillés de larmes sur votre Face toujours souverainement aimable, mais déchirée, couverte de plaies. Vous, Seigneur, Vous répandrez sur leur cœur affligé, brisé de douleurs, le baume salutaire de votre Sang ; Vous leur communiquerez cette Patience divine, cette Sérénité inaltérable avec laquelle Vous souffrez pour notre salut. Et moi, je m’efforcerai de les engager à ne jamais détourner leurs regards de la Croix où Vous êtes attaché. Je Vous supplierai de ne point abandonner ces infortunés chrétiens qui viendront se réunir à Vous ; je Vous conjurerai d’adoucir, d’alléger leurs peines. Vous avez agi envers le bon larron avec tant de Miséricorde, qu’aussitôt qu’il eut levé vers Vous un regard de repentir, Vous lui pardonnâtes, et de sa croix il passa dans le Ciel. Ô mon Sauveur ! Puisqu’il nous faut tous être attachés à la Croix pendant le cours de cette vie mortelle, nous devons avoir sans cesse les yeux sur Vous pour puiser, dans Vos plaies sacrées, la Patience qui nous est nécessaire. Au jardin des Oliviers un Ange vint Vous soutenir ; ici-bas soyez Vous-même notre Consolateur. Pendant que je vais élever ma voix pour Vous annoncer à l’univers, venez Vous-même, toute Puissance Vous a été donnée, venez, attirez tous les hommes à votre Croix. Vous avez dit dans l’Evangile, qu’une fois élevé sur la Croix, Vous attireriez le monde à Vous. Commencez donc aujourd’hui ; que tous ceux qui sont dans la tristesse viennent, par une continuelle méditation, Vous chercher sur le Calvaire. Votre Croix les consolera, et leur consolation fera votre Gloire. Recevez mes vœux, bénissez mes paroles, et, par Vos souffrances, délivrez-moi de la mort et de la réprobation éternelle ».

Ainsi soit-il.

Théodore d’Almeida (1722-1804)

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