Les USA lancent l’opération « Sentinelle » dans le G. Persique et en mer Rouge

Le nouveau chef du Pentagone a annoncé dans sa première conférence de presse le mercredi 28 août le déclenchement de l’ « opération Sentinelle » dans le golfe Persique, cette opération que les États-Unis placent trompeusement sous l’enseigne de « protection de la navigation commerciale dans le golfe Persique et en mer Rouge » mais qui n’est autre chose qu’une déclaration de guerre ouverte à l’Iran. Heureusement pour le monde, cette coalition n’a guère ratissé large.

Mêmes les alliés anglo-saxones de Washington ont boudé cette dangereuse et suicidaire initiative qui consiste à venir en territoire iranien chercher noise à l’Iran. Au fait, près de deux semaines après la mise en liberté de Adrian Darya (ex Grace 1) qui fait sa route en Méditerranée, le supertanker Steno Impeo reste aux mains de l’Iran qui refuse de le libérer avant que les 2 millions barils de pétrole iraniens à bord de son supertanker n’atteignent leur destination. Or coalition ou pas, si les USA veulent la guerre, l’Iran ne le lui refuserait sans doute pas.

Le site Middle East Eye relève la carence numérique qui frappe d’emblée la coalition de guerre maritime US laquelle ne réunit que le Royaume-Uni, Bahreïn et l’Australie, ce dernier venant par ailleurs ce jeudi 29 août de nommer un nouvel ambassadeur à Téhéran. Le journal souligne l’absurdité avec laquelle le secrétaire US à la Défense, Mike Esper a choisi d’annoncer la formation de la Coalition en même temps que de prétendre que les efforts de Washington avait empêché « davantage d’agissements iraniens » :  » l’opération de la coalition maritime dirigée par les États-Unis constituerait un moyen de dissuasion supplémentaire contre l’Iran et nous nous attendons à ce que davantage de pays rejoignent l’alliance » car la présence des États-Unis et de leurs alliés ont contré « davantage d’actions de la part de l’Iran ».

Le secrétaire à la Défense n’a évidemment pas pris la peine d’énumérer tous les « non » que les États-Unis ont du subir depuis l’annonce de l’idée de la création qui couvre une bonne partie de la planète ni le fait que le bras de fer avec l’Iran l’a poussé à presque vider la cinquième flotte à Bahreïn de tout ce qui compatit de navires et de destroyers. En revanche il a choisi de plaider en pleine conférence de presse placée sous le signe de confrontation en faveur du dialogue avec l’Iran et surtout dire que l’Amérique ne veut pas de guerre:

« Nous voulons dialoguer avec [les Iraniens] de manière diplomatique. Notre coalition a débuté ses travaux dans le but de laisser ouvertes les voies diplomatiques de la tension actuelle avec l’Iran. Nous espérons que les Iraniens accepteront de se rencontrer pour discuter et nous aider à résoudre ces problèmes. »
Le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, a prétendu lors de sa première conférence de presse officielle après sa confirmation le mois dernier que la présence des États-Unis et de leurs alliés traditionnels dans la région avait pu jusqu’à présent dissuader l’Iran de ce qu’il a appelé « tout nouveau comportement provocateur ».

Pour bon nombre d’analystes, les propos parfaitement équivoques du secrétaire d’État américain marquent l’échec de la politique de « pression maximale » de la Maison Blanche à l’égard de l’Iran. Sur le plan économique, les alliés de l’Iran continuent à acheter son pétrole, la Chine annonçant vouloir élargir ses commandes, la Russie encourageant la Crimée à transiter le pétrole iranien. Quant au plan militaire, la flotte américaine et celle de la Grande-Bretagne font de plus en plus profile bas dans les eaux du golfe Persique.

Après la destruction par le Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) du drone US MQ-4C dans les eaux territoriales iraniennes, la Maison Blanche a fait des tentatives de persuader ses alliés classiques de prendre part à la coalition multinationale dans les eaux régionales sous le prétexte d’escorter les navires commerciaux dans la région. Le commandant en chef du département aérospatial du CGRI, le général de division Hajizadeh a rappelé ce jeudi l’épisode de la destruction du MQ-4 américain dans le ciel du sud de l’Iran : « Après la destruction du drone US même les services secrets des pays amis nous ont averti de la riposte que les Américains irait y apporter. Mais le CGRI savait que les Américains n’oseraient rien faire. Puisque au premier déclic, toutes leurs bases à Bahreïn, au Qatar, aux Émirats ou encore leurs navires à Oman allaient écrouler sous l’avalanche de nos missiles. Le coup de drone visait à nous pousser au dialogue mais un dialogue ne peut se faire sous pression. Les États-Unis sont bien conscients qu’un premier pas franchi dans le sens de la confrontation ne sera pas le dernier et que cela les engagerait à nous suivre puisque l’Iran se s’arrêtera pas ».

P.

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