Les 3 questions avant de s’engager dans le mariage…

« Ne vous mariez surtout pas sans vous être posé ces trois questions »

Avant de prendre quelque décision que ce soit dans un domaine aussi sérieux et délicat que l’engagement de toute une vie, il faut interroger son corps, son cœur et sa tête ! 

La tête, dans notre organisation intérieure, doit se comporter comme le chef de tout l’ensemble. C’est le chef qui est commandant à bord. S’il est bon, le chef commence par interroger ses subordonnés. Prendre une décision tout seul est le fait des mauvais chefs. Et ce sont aussi les mauvais chefs qui laissent leurs subordonnés faire ce qu’ils veulent.

Que dit mon corps ?

Le chef commence par interroger le sous-chef chargé des affaires matérielles : son rôle est très primordial, mais il n’a pas une vision d’ensemble. Il doit donc être très docile, sans quoi le bâtiment tout entier risque de prendre feu, ou de couler, et personne ne pourra plus réagir. Ce sous-chef, c’est le corps.

Que dit mon corps quand il est au contact de cette personne ? Est-il content, ou non ? Je dois être attentif à ses réactions. Autant je ne dois pas lui laisser les commandes, autant je dois tenir compte de ce qu’il dit. Le mariage étant une aventure spirituelle qui prend chair, l’avis du corps est capital. Si le corps est content : il (ou elle) me plaît, je suis heureux avec lui (ou elle), je me sens bien, etc., on peut passer à l’étage supérieur. Sinon, prudence ! 

Que dit mon cœur ?

Le chef doit ensuite interroger le sous-chef qui préside aux affaires sentimentales. Ce sous-chef, c’est le COEUR. Son avis est non moins capital. Il serait bien fâcheux de ne pas en tenir compte, car c’est lui qui va décider de la question déterminante : est-ce que je l’aime ? Autant il ne faut pas laisser le cœur décider tout seul, car il a une grande capacité à s’enthousiasmer et à s’aveugler, autant on ne peut rien faire sans lui. On ne saurait s’engager pour la vie avec quelqu’un sans l’aimer, tout le monde en sera bien d’accord. Et pour que son cœur soit capable de mesurer l’enjeu et d’informer utilement la tête, il faut qu’il soit lui-même d’une grande prudence.

Aussi chacun doit-il se connaître pour ne pas tirer de fausses conclusions de ce que dit son cœur. Le sentimental ne réagira pas comme le perpétuel hésitant. Celui qui, pour le moment, a plus besoin d’une maman que d’une épouse, ne réagira pas comme celui qui n’aime que la solitude et fuit toute société. Celui que le premier clin d’œil fait rougir, ne réagira pas comme celui qui tombe amoureux tous les deux jours. Il y a toute une éducation de son cœur qu’il faut faire et qu’on ne peut pas faire tout seul. Si le cœur donne son accord, on peut passer à la suite. Mais rien n’est encore gagné.

Que dit ma tête ?

Il y a encore un autre examen à passer, et c’est le rôle de la tête. L’homme est une créature douée de raison, capable de comprendre les situations, de discerner ce qui est bon ou mauvais pour lui à la lumière de ce que lui dit l’expérience, l’Évangile, la prudence, etc. L’homme raisonnable constate qu’autour de lui tout ne se passe pas pour le mieux. Il voit un certain nombre de désastres dans les familles, et il n’a aucune envie de sombrer lui-même. Il va donc tenter de mettre le plus de chances possible de son côté. Et c’est possible ! Avant de s’engager, il doit se poser un certain nombre de bonnes questions, et ne pas faire la sourde oreille si la réponse ne lui plaît pas.

Je ne détaillerai pas ici la liste de toutes les bonnes questions possibles, à chacun de faire sa liste, mais pour donner un ou deux exemples, il me semblerait bien imprudent de s’engager dans le mariage avec quelqu’un dont on ne connaît pas les convictions religieuses. Ne souriez pas, je connais bon nombre de couples qui n’ont pas abordé la question, ni avant ni pendant leurs fiançailles. Or, nous savons que le mariage est avant tout une aventure spirituelle. Il ne tient que s’il est enraciné dans des convictions religieuses, soutenue par des rites, exprimé dans un langage commun. Il doit avoir une visée qui décolle de la seule gestion du quotidien. Et pour nous, c’est le Christ, lui que Jean Baptiste appelle « l’époux », qui assure la solidité du lien conjugal.

Hors de lui, nul ne peut tenir. Au cas où il y aurait une divergence si grande qu’elle risque de devenir très vite insurmontable, il faut que la tête mesure s’il est prudent de s’engager. Peut-être vaut-il mieux s’en apercevoir à temps et ne pas donner suite. Même si c’est douloureux, il vaut mieux rompre plutôt que de s’engager dans une prévisible voie de disputes et de se déchirer au point de ne plus souhaiter durer ensemble. 

Il n’y a pas de honte à être raisonnable !

Autre domaine, le milieu social et culturel. Là encore, l’expérience confirme qu’il est bien imprudent de s’engager sans avoir posé la question. Il est vrai qu’il y a plusieurs réponses possibles, mais ne pas en parler peut entraîner des souffrances dont on ne pourra pas dire qu’elles n’étaient pas prévisibles. Quand deux personnes de milieux culturels trop différents s’unissent, quelle est celle qui imposera à l’autre sa marque ? Et l’autre s’y retrouvera-t-elle ? Au départ, on dit toujours que l’amour sera le plus fort et qu’on se respectera. Si c’était si simple, on n’en ferait pas des romans ! Et il y a ainsi un grand nombre de critères objectifs qu’il faut examiner. C’est le rôle de la raison. C’est la tête qui va dire : est-il bien raisonnable de m’engager dans le mariage avec cette personne étant donné ce que mon corps ressent, ce que mon cœur me dit, ce que je constate dans le domaine du comportement, du caractère, de la situation, du langage, de l’attitude face à l’argent, des liens avec la famille, de la conception de l’avenir, du désir d’avoir des enfants, des convictions religieuses, etc.

Si le candidat a bien passé toutes ces épreuves, si l’on est prêt à lui donner son accord, avant de dire le grand oui, il reste une dernière vérification à faire et qui est indispensable : voir si la réciproque est vraie ! Car il faut être deux pour se marier… et que les deux aboutissent aux mêmes conclusions. Si c’est le cas, alors vous avez la réponse à votre problème : c’est lui, c’est elle, c’est vous. Et n’allez pas croire que ce qui est décrit ici se déroule comme dans le questionnaire d’une administration. Tout est à la fois plus simple, et plus confus. Mais si l’on fait confiance au Seigneur, et à de vrais amis, tout se passe bien. Encore faut-il avoir une maison bien rangée, avec un chef qui commande et des sous-chefs qui jouent leur rôle à leur place. La raison doit garder la maison ! 

Alain Quilici 

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