PRIERE POUR LES PRETRES: « Vous serez, ô mon bon Ange, mon parfait modèle dans cette séparation »

« C’est au milieu du monde que je vais remplir ma Mission de Prêtre et j’ai pris l’engagement de rester a jamais séparé du monde. « De mundo non estis », a dit le souverain Prêtre à ses apôtres et à leurs successeurs dans le Sacerdoce. J’en dois être séparé, dans les intérêts et les occupations, dans les idées et les jugements, en un mot, dans tout mon genre de vie. Vous serez, ô mon bon Ange, mon parfait modèle dans cette séparation. Bien avant moi, vous avez pris le Seigneur pour votre partage et vous n’avez jamais rien recherché hors de Lui. Vous ne possédez rien, dans la création, qu’en Dieu et pour Dieu. Que peut être, à vos yeux, le grain de poussière ? Et tous les mondes extérieurs sont-ils, à vos yeux, autre chose qu’un grain de poussière ? Il n’y a, pour vous, de valeur, de grandeur, de beauté que dans ce qui vient de Dieu pour retourner à Dieu. Constamment mêlé au monde matériel et aux créatures visibles, vous vous tenez élevé au-dessus de tout par l’intime sentiment du Trésor que vous portez en votre cœur. Vous êtes séparé du monde comme le Créateur Lui-même qui le maintient à l’existence et le porte en sa Main, le dominant de toute la hauteur de sa Divinité. Vous donnez vos soins aux créatures, selon l’ordre de la Providence, sans jamais vous livrer à elles. Prêtre du Rédempteur, j’appartiens, moi aussi, à la tribu des séparés. J’ai dit, comme vous « Dominus pars hæredialis meae et calicis mei ; tu es qui restilues haereditatem meam mihi ». Vous qui êtes entré en possession de cet incomparable héritage, faites m’en sentir par avance un avant-goût, afin que je le préfère toujours à tout, que je ne m’en rende point indigne, mais que je conserve le droit qui m’a été conféré. Je suis entré dans cette Tribu qui ressemble à la vôtre, le jour où je me suis incliné sous la main du Pontife, où m’enlevant, en forme de croix, la superfluité de mes cheveux, Il m’a orné de la couronne du dépouillement, image de la Couronne d’épines. Si je la porte fidèlement, toute ma vie, et si j’en réalise la signification, elle se changera, comme Celle du Sauveur, en Couronne de Gloire. »  

Ainsi soit-il.

Mgr Guillaume Chardon (1824-1898)

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