SAINT DU JOUR

Aujourd’hui 15 Janvier 2020n nous fêtons Saint Rémi, Evêque de Reims.

Rémi est né, selon la tradition, à Cerny-en-Laonnois, près de Laon, dans la bonne société gallo-romaine ; on dit qu’il était le fils du comte Émile de Laon (Emilius) (qui autrement n’est attesté nulle part et ne pouvait pas porter ce titre, anachronique) et de sainte Céline. L’orthographe Rémi (sans accent et avec un « i ») est attestée en 1794 par Hourelle, Povillon, Bertin (curé de Saint-Rémi)*9.

D’après la Vita Remigii rédigée par Hincmar avant 882, sa naissance avait été annoncée par un ermite aveugle, Montanus (qui donna son nom au village de Saint-Montan), qui recouvra la vue grâce au lait maternel de Céline, peu après la naissance de Rémi. Ce dernier fit sans doute des études, comme on en faisait dans son milieu, à Reims, puis fut élu évêque de Reims à seulement vingt-deux ans. Il n’était même pas encore entré dans les ordres. Le frère de Rémi, Principius, était déjà évêque de Soissons. Il correspondit, comme Rémi, avec Sidoine Apollinaire (livre IX, 8), dont les lettres donnent une idée du style littéraire gallo-romain, élégant et très cultivé que les trois hommes avaient en commun.

Saint Rémi baptise Clovis le jour de Noël, entre 496 et 506 – vitrail de l’église Saint-Bonaventure, à Lyon, France.
L’histoire du retour des vases sacrés, sans doute des vases de Reims, qui avaient été volés puis rendus à Rémi, témoigne des relations amicales qui existaient entre lui et Clovis Ier, roi des Francs. Rémi prit acte de la conversion de ce dernier au catholicisme et, avec l’aide de saint Vaast selon la légende de ce dernier, qui n’est pas cité par Grégoire de Tours cependant, et sous l’influence de la seconde femme de Clovis Ier, la princesse burgonde Clotilde, fille du roi Burgonde Chilpéric II, il lui conféra le baptême à Noël d’une date comprise entre 496 et 506. Selon les Dix livres d’histoire de l’évêque Grégoire de Tours, 3 000 Francs furent baptisés avec lui ainsi que ses deux sœurs, Alboflède et Lanthechilde (Livre II, ch 31).

Le baptême de Clovis est un des événements-clefs de l’histoire catholique et à partir d’Henri Ier en 1027, tous les rois de France seront sacrés à Reims sauf Louis VI, Henri IV et Louis XVIII. Le chroniqueur italien du xiiie siècle, Jacques de Voragine, raconte que, selon Hincmar, archevêque de Reims (vers 802-882), comme il n’y avait pas de saint chrême pour oindre le front de Clovis, le Saint-Esprit lui-même, sous la forme d’une colombe, en aurait apporté dans une fiole, une ampoule, et ce serait cette Sainte Ampoule qui aurait servi par la suite à l’onction des rois de France durant leur sacre. C’est durant cette cérémonie que l’on attribue à Rémi de Reims la célèbre phrase adressée au roi des Francs : « Courbe la tête, fier Sicambre, abaisse humblement ton cou. Adore ce que tu as brûlé et brûle ce que tu as adoré ».

Clovis Ier accorda à Rémi des terres, où ce dernier fit bâtir et consacra un grand nombre d’églises.

En vérité, Rémi n’a assisté à aucun des conciles ecclésiastiques gaulois, se faisant à peine représenter peut-être à celui d’Orléans (511). Hincmar comble cette lacune en inventant un synode que Rémi aurait organisé à Reims : l’évêque y aurait réduit au silence un évêque qui penchait pour l’arianisme. La réalité semble bien différente : Rémi jouissait d’un prestige certain, mais pas auprès de tous ses confrères.

Une de ses lettres, à propos d’un certain Claudius, un prêtre qu’il avait consacré, lui valut les réprimandes de ses confrères évêques, qui jugeaient que Claudius ayant fait des dettes méritait d’être dégradé. La réponse de Rémi plaide en faveur de la miséricorde et exprime sa vive admiration pour l’œuvre de restauration chrétienne accomplie par Clovis.

Rémi a été enterré dans une petite église Saint-Christophe, devenue la basilique Saint-Rémi. En 852, Hincmar procéda à une élévation des reliques, dont une partie minime fut déplacée à Sainte-Marie de Reims. La châsse fut mise à l’abri des invasions normandes en 882 à Épernay, puis dans l’église de l’Abbaye Saint-Pierre d’Orbais, puis solennellement rapportée en juin 883 à Sainte-Marie. En 900, l’archevêque Hervé replace les reliques à Saint-Rémi où elles ont été vénérées jusqu’à la Révolution française. Le corps de saint Rémi était conservé intact.

Bonne fête patronale à tous les « Rémi ». Grâces et bénédictions sur vous en abondance.

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